Sex wars : de cette interrogation autour de la place des femmes dans la société qui a secoué les États-Unis dans les années 80 la France a retenu la judiciarisation des rapports de séduction les procès pour harcèlement sexuel leur normalisation par le «politiquement correct» et y a souvent vu un nouvel avatar du puritanisme américain. Cette vision est deux fois caricaturale : d'une part parce qu'elle ne rend pas justice au projet féministe qui a bouleversé en profondeur les rapports de sexe ; d'autre part parce qu'elle ne rend pas compte de la richesse des opinions qui ont animé ce débat. Ainsi Duncan Kennedy professeur de droit à Harvard se demande dans le présent ouvrage comment il est possible de sauver le désir l'humour voire la provocation dans les relations de séduction sans pour autant renoncer à protéger les femmes contre les violences sexuelles. Le résultat de sa démonstration surprendra par ses méthodes (l'analyse économique la théorie sociale et même la littérature sont tour à tour mobilisées) par ses conclusions (il en vient à défendre les droits des femmes au nom du plaisir éventuellement pervers des hommes) et par son style enfin qui pousse à son extrême limite le genre académique. Contribution significative à l'émergence d'un des courants de pensée les plus féconds aujourd'hui - la queer theory - dont il est le premier exemplaire dans le domaine des études juridiques Sexy Dressing est un jalon dans l'histoire culturelle des États-Unis de l'après-guerre et un apport théorique majeur à la critique sociale.