La nation française se cherche depuis vingt-cinq siècles. De la communauté rassemblée autour de son roi à la nation souveraine et indivisible rêvée par la Révolution et mise en œuvre par la République de la France des provinces et des clochers idéalisée par Maurras à celle triomphante sous Pompidou des zones industrielles et des métropoles elle n'a cessé de se faire et de se défaire. Dans ce long processus les influences extérieures et l'État ont joué un rôle décisif : Rome a jeté les fondements de la langue française ; les Germains de Clovis ont créé l'État et l'ont associé à l'autel ; l'immigration a depuis Louis XI contribué à la modernisation économique et nourri l'urbanisation. Aujourd'hui ces deux constantes de la genèse nationale sont toujours à l'œuvre : l'État demeure indispensable pour garantir les solidarités ou pour assurer l'intégration des immigrés l'ouverture se nomme désormais construction européenne ou mondialisation. Comme par le passé la nation doit se réinventer en une genèse permanente.