La psychanalyse serait-elle la gardienne de la «loi symbolique» ? Nombre de discours veulent nous en persuader. Car c'est la «différence des sexes» dont la psychanalyse est supposée détenir la raison qui serait l'alpha et l'oméga de notre humanité. Homme ou femme il faudra donc qu'on se le tienne pour dit et qu'on ne méconnaisse pas la «vérité» de l'ordre sexuel. Cet ordre pourtant est-il autre chose que l'effet normatif de certaines relations de pouvoir que l'on se garde bien d'interroger ? Effet très concret car il traverse la trame de chaque existence en même temps qu'il sert de socle à la figure de la famille à laquelle notre organisation politique donne droit - et devoir - de cité. Le psychanalyste est en prise directe sur cet enjeu. Car dans la perspective inaugurée par Freud et marquée par Lacan il traite la souffrance psychique en sa relation avec l'inconscient. Or l'inconscient «discours de l'autre» prescrit ce que nous sommes et d'abord quand il s'agit de la sexuation. Mais cette prescription est à entendre au double sens du terme : injonction et décret d'oubli. Quelle sera face à cela la politique de la psychanalyse ?