Les poètes de la Renaissance apprivoisent le monde. Comme l'enchanteur Orphée ils donnent forme et rythme à un univers qui charme sans cesse et sans cesse se dérobe. Les grandes odes de la Pléiade célèbrent l'arrivée du printemps ou les fauves accords de l'automne. Philibert Guide décrit ainsi les gestes du vilain aiguisant sa faux pour la moisson ; Guy du Faur de Pibrac envie la béatitude du paysan qui paît ses troupeaux loin des fastes et des soucis de la Cour ; Ronsard et Charles d'Espinay s'en vont traquer le chevreuil et le cerf ; Adonis le chasseur mythique devient sous la plume de Claude Binet le double du souverain Charles IX... Épigrammes et chansons mettent en scène les amours des pasteurs et de leurs belles tandis que les Muses mènent le poète parmi les paysages sacrés de l'Arcadie bienheureuse. La poésie bucolique de la Renaissance en un mot évoque une nature où l'homme retrouve son image et ses rêves.