Chaque recueil d'Esther Tellermann est une étape un chapitre isolé d'un récit plus ample énigmatique embrasé et voilé tour à tour - puis rendu à ses propres cendres. Encre plus rouge prolonge bien sûr cette narration obstinée inaugurée voici bientôt vingt ans. Mais au-delà d'une évidente continuité ce nouveau volume marque une inflexion sensible dans son déroulement : on y percevra l'intonation sinon réconciliée du moins plus apaisée d'une voix toujours attentive au chant des morts enfoui sous la parole des vivants. Dans la troisième partie notamment la méditation s'avère d'une limpidité tendue souveraine tournée vers quels dieux absents ? - ou fugacement présents dans la béance de ces pages comme autant d'éclairs de fractures de visions... Poème inscrit sur une terre inconcrète et sans nom.