Comment va se comporter ce musicien maudit projeté de son XVIIIe siècle dans le futur grâce à un « harpon » temporel ? Et cet homme surgi par accident d'un univers parallèle pour se substituer à son (presque) double ? Et cet informaticien qui dans une ambiance de guerre froide a voué son ordinateur à la création d'une armée d'anges virtuels ? Ce troisième des quatre volumes rassemblant plus ou moins dans l'ordre de leur composition les nouvelles les plus significatives d'une œuvre qui en compte près d'un millier - choisies et présentées par l'auteur qui a écrit une introduction pour chacune d'entre elles - couvre les années 1981-1987. Une période où Silverberg renaît d'un silence de cinq ans et cède malgré ce qu'il lui « en coûte de sueur et de tracas » à « la nécessité de (se) mesurer aux exigences rigoureuses de la forme courte ». Car dit-il « mon karma le veut ainsi (...) si j'ai écrit toutes ces histoires c'est surtout parce qu'il m'était impossible de ne pas les écrire ». Dans cette « manière d'autobiographie par le détour de la fiction » on pourra donc non seulement suivre le parcours d'un auteur-phare du domaine mais revisiter sous un angle original l'histoire de toute la S.-F. moderne.