« L'hiver s'avance sur le Pays basque ; les doigts gourds les lèvres gercées la terre gelée par endroits ses teintes sourdes quand se marient le mauve et le brun ; la boue au creux des ornières dans ces chemins où hier encore sous mes pas les feuilles mortes résonnaient comme une soie froissée. » Tout semble si proche alors le jour qui s'étiole le visage de Marianne la plainte du vent les années qui s'échappent... et cette sorte d'allégresse quand on comprend qu'à la mort d'une femme aimée jadis puis délaissée c'est toute la jeunesse tout ce que l'on a trahi qui s'en va et vous délivre presque. « J'irai demain disperser ses cendres au sommet du col de Lizarrieta. Il faut aller jusqu'au bout drainer le passé sous la lampe l'éclairer d'un jour sans faille revoir Marianne les blessures aussi et mes fautes. Apprivoiser ses silences une dernière fois et ce secret qui l'aura rongée longtemps. Prendre la mesure du soir dompter la mélancolie et vivre enfin peut-être... »