Au nom de l'efficacité et du réalisme des voix s'élèvent en Amérique du Nord et en Europe pour affirmer qu'il revient aux pays les plus développés de nourrir le reste du monde. Techniquement la chose est possible. Mais peut-on se résoudre à admettre alors que la moitié de l'humanité est constituée de paysans alors que des espaces entiers sont sur le point d'être abandonnés que l'agriculture et l'alimentation ne soient traitées qu'en fonction de considérations commerciales et financières ? Pour Bertrand Hervieu si le fameux slogan « Pas de pays sans paysans » mis en avant par les agriculteurs français est autre chose qu'une simple formule on ne peut accepter que quelques super-puissances s'arrogent le droit de prendre en main l'alimentation des autres pays. Et encore moins qu'elles s'en servent comme d'une arme politique. Il est temps de repenser la question de la faim dans le monde et les perspectives des agricultures modernes. Il faut déterminer la place spécifique que l'agriculture et l'alimentation tiennent dans la recomposition des équilibres du monde. L'avenir de tous est en jeu.