« Il lui arrivait d'entrer dans la chambre d'Hermine et de se glisser dans son lit alors qu'elle respirait doucement dans son sommeil. Elle ne bougeait pas il ne bougeait pas allongé près de son corps qu'il n'aurait plus osé toucher hors de l'ivresse et de la violence. Il sentait l'odeur d'herbe sèche de ses cheveux il revoyait les landes de l'île où ils étaient allés ciels marées châteaux étoiles les yeux fermés il reprenait le chemin de sable qui menait à la plage passait sous les pins bruissants où ils avaient fait l'amour en attendant les levers de lune escaladait la dernière dune avant d'apercevoir la mer à toutes les couleurs du jour et de la nuit. C'était sa consolation l'incessante promenade où son cœur s'apaisait un instant jusqu'au sommeil peut-être. Il connaissait chaque détail imaginaire ou pas du trajet le buisson qui griffait la joue dans le noir les lointains veloutés par la nuit la douceur claire et froide du sable sous ses pieds nus l'imbécile espoir d'une vie éclatante. »