Dès l'origine avant même que les mots viennent buter contre le blanc de la page contre son silence il y a chez Esther Tellermann comme le constat d'une aporie. Comment l'appréhender comment le dire ce manque qui préexiste à l'avancée de l'œil et de la conscience alors que le monde est là déjà depuis toujours dans la distance ? Quelque chose peut-être s'est perdu en deçà de la perception - et ne reste que cet effort pour faire coïncider dans la syntaxe des signes l'absence du dedans et l'extériorité des spectacles. Demeure aussi la douleur. À la géométrie impeccable du monde à la richesse trop évidente des couleurs des senteurs des sucs répondre par quelques notations furtives quelques itinéraires vers le « point central » qui se dérobe dans la hâte et la lucidité de l'instant : je parle vite ou je ne parle pas.