On dit on répète que la politique ça n'intéresse plus grand monde. Et à voir et entendre certains de ses ténors on en viendrait à douter tant les discours qu'ils moulinent sont éculés que cela intéresse les politiques eux-mêmes. La race en serait-elle en voie d'extinction comme ces grands reptiles du quaternaire par défaut d'environnement favorable ? Pas du tout rétorquent Jean-Marie Colombani et Jean-Yves Lhomeau. Il suffit de déplacer le regard de le tourner vers ces « héritiers de la deuxième génération » qui derrière les caciques donnent de la voix bousculent dérangent jouent des coudes. Certains sont connus - mais qui savait Michel Noir maoïste François Léotard mystique ou Michel Delebarre casse-cou ; d'autres encore ignorés de beaucoup comme Jean-Louis Bianco l'élyséen ou Jean-Paul Huchon le chef scout de Matignon. Ils sont « de gauche » « de droite » - et surtout « de chez eux ». Décoincés pas sectaires volontiers iconoclastes la politique ils adorent et ils y croient. À condition de la réinventer : aux théories ils préfèrent l'expérimentation à l'utopie l'hyperréalisme aux certitudes rebattues la provocation de nouveaux défis. En écoutant le récit de leurs itinéraires intellectuels et politiques de leurs ambitions il est possible de deviner ce que peut être à vue humaine notre destin commun. Car ces Héritiers sont la politique de demain. Et ça va bouger.